Jeudi 22 Juillet 2010Quelle est la situation des chrétiens au Pakistan ?
Deux frères chrétiens (protestants) dont des groupes musulmans réclamaient la mort pour blasphème ont été tués par balles lundi 19 juillet devant le tribunal de Faisalabad.
Peter Jacob Secrétaire exécutif de la Commission Justice et paix de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan (NCJP) « Il y a beaucoup d’extrémisme religieux dans le pays. Les militants islamistes s’en prennent à toutes les minorités religieuses, ils leur imposent des taxes, ils les menacent. Ils ont une vraie organisation, ils ont des armes, et un réseau développé. Ils ont attaqué nos églises, ils s’attaquent également aux fidèles. Malheureusement, un certain nombre de lois sont discriminantes pour les minorités religieuses, et ne nous permettent pas d’être traités comme des citoyens égaux. Elles nous rendent vulnérables. À l’heure actuelle, la situation est très difficile et très dangereuse pour les chrétiens, qu’ils soient catholiques ou protestants. Les lois anti-blasphème sont de plus en plus invoquées aujourd’hui contre les minorités, en particulier dans la province du Penjab, où se trouve Faisalabad. Les membres de la communauté chrétienne sont les plus suspectées et en sont les principales cibles. Une fois que quelqu’un est accusé, à plus forte raison s’il est chrétien, il a de fortes chances de finir derrière les barreaux. Lorsqu’une enquête est lancée et que les personnes accusées sont mises sous la protection des autorités, cela entraîne souvent des effusions de violence et de haine, attisées par les extrémistes. «Les chrétiens ne sont pas les seuls à réclamer l’abrogation des lois anti-blasphème» La communauté chrétienne et ses édifices subissent alors des représailles. Les peines encourues pour les personnes reconnues coupables de blasphème vont de trois ans d’emprisonnement à la peine de mort, en passant par la prison à perpétuité. Il y a différents degrés d’offense : l’insulte envers le prophète Mohamed, qui peut conduire à la peine capitale ou à l’emprisonnement à vie, puis le blasphème envers les compagnons du prophète, sanctionné de trois à sept ans de prison. Les chrétiens ne sont heureusement pas les seuls à réclamer l’abrogation des lois anti-blasphème. Les musulmans modérés et la société civile, en particulier les associations de défense des droits civiques, se montrent très critiques à leur encontre. Ce n’est pas l’opinion dominante, mais si le gouvernement daigne faire un pas dans le bon sens, je pense que d’autres voix s’élèveront contre. Nous avons lancé une campagne de sensibilisation pour demander leur abrogation, et nous avons déjà recueilli plus de 5000 signatures de personnes de la société civile, parmi lesquels des musulmans, des hindous et des chrétiens bien sûr. Depuis 1987, selon une étude de la Commission Justice et paix, 1025 personnes ont été reconnues coupables de blasphème, et 25 personnes, de toutes confessions, ont été tuées après avoir été accusées. » Mardi 13 Juillet 2010Russie : 67 avortements pour 100 naissances
Inquiétude des démographes
En Russie, des statistiques font état de 67 avortements pour 100 naissances, rapporte « Gènéthique », la synthèse de presse de la fondation Jérôme Lejeune. Des données qui provoquent l'inquiétude des démographes. Alors que la Russie célébrait, le 8 juillet 2010, la troisième édition du « Jour de la famille, de l'amour et de la fidélité », certains démographes s'inquiètent du peu de naissances dans le pays, alors que l'on compte 67 avortements pour 100 nouvelles naissances. Le vaste pays ne compte que 26 millions d'enfants. Près de 20% des couples russes sont aujourd'hui sans enfants. Plus de 2 millions d'avortements sont pratiqués chaque année. Les IVG sont le plus souvent effectués sur des femmes très jeunes : en 2009, près de 90 000 avortements concernaient des femmes de moins de 19 ans selon Pavel Astakhov, délégué aux droits de l'enfant auprès du président russe. L'État reste silencieux devant ce problème remarque Elena Mizoulina, présidente du comité de la Douma russe aux affaires de la famille, des femmes et des enfants. Pendant l'époque soviétique, des statistiques montrent que les femmes « pratiquaient, en moyenne, au moins 5 avortements au stade initial de la grossesse ». Aujourd'hui, les raisons expliquant le nombre élevé d'avortements ne sont pas forcément d'ordre socio-économique selon la journaliste Olga Sobolevskaïa. Bien que l'année 2009 ait enregistré le plus fort taux de naissances (1 764 000) depuis 1991, les démographes restent vigilants. Si l'assistance sociale et financière de l'État incite des familles à avoir des enfants, « la conjoncture économique n'est déterminante en matière de planification familiale que pour 8% des familles » selon Sergei Zakharov, directeur adjoint de l'Institut de démographie de l'École supérieure d'économie. Ce sont d'abord des raisons « idéologiques » qui, depuis bientôt 20 ans, motivent le refus de nombreux couples d'avoir des enfants. Suite à l'importation des « valeurs occidentales » en Russie, Sergei Zakharov explique que « les personnes en âge de se reproduire ont désormais d'autres priorités, à savoir leur carrière et le besoin de se réaliser ». La transmission de « stéréotypes familiaux » expliquerait aussi le déclin des naissances : les anciens enfants uniques, c'est-à-dire la majorité des adultes actuels, ne souhaitent probablement pas avoir plusieurs enfants. De façon générale, la naissance d'un troisième enfant est jugée indésirable. Pour prévenir les avortements, certains experts souhaitent que des psychologues, médecins et assistants sociaux s'investissent activement auprès des jeunes dans les écoles, ainsi que dans les services de gynécologie-obstétrique et les services d'aide psychologique. Différentes régions russes comptent des associations de soutien pour les femmes enceintes en situation de crise. Aujourd'hui, les cliniques privées d'avortements pratiquent des IVG « sans répit », 24h sur 24, et « la publicité de ces 'usines' est débordante dans la plupart des médias », au point que l'on peut dire « les avortements au stade initiale de la grossesse continuent de rester l'outil principal de la planification familiale en Russie ». Elena Mizoulina juge inacceptable la possibilité « d'avorter presque sans restrictions jusqu'à la 12ème semaine de grossesse ». Elle évoque des moyens concrets pour aider à réduire les avortements dont celui de faire écouter aux femmes les battements du cœur de leur enfant. Actuellement, un groupe interministériel travaillerait sur un projet de loi. Jeudi 01 Juillet 2010Benoît XVI crée un nouveau dicastère pour la nouvelle évangélisation
Le pape a annoncé la création d’un nouveau Conseil pontifical tout spécialement en charge de la nouvelle évangélisation
Benoît XVI, depuis le début de son pontificat, ne cesse de faire part de sa préoccupation quant à la situation de la foi dans les pays d’ancienne tradition chrétienne. Ses récents voyages en ont témoigné, à Prague, au Portugal, à Chypre. L’éclipse de Dieu est pour lui le défi majeur de ce début de troisième millénaire. C’est pourquoi il vient d’annoncer, lors des vêpres de la solennité des saints Pierre et Paul, célébrées en sa présence ce lundi 28 juin à Saint-Paul Hors les Murs, la création d’un nouveau Conseil pontifical. Sa feuille de route est ainsi tracée : « Promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où a déjà résonné la première annonce de la foi et où sont présentes des Eglises d’antique fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte d’ « éclipse du sens de Dieu », qui constitue un défi à relever par des moyens adéquats pour proposer à nouveau la vérité éternelle de l’Evangile du Christ. » Cet événement, rare dans l’histoire de la Curie romaine, se fonde pour le pape dans une véritable généalogie de l’évangélisation. Pour Benoît XVI, l’Eglise ne se conçoit que missionnaire. Dans son homélie, il rappelle que « la figure de Paul, sa personne, son ministère, toute son existence et son dur travail pour le Royaume de Dieu sont intégralement dédiés au service de l’Evangile . » "Un service rendu à toute l'humanité" Puis, il se situe dans le sillage de Paul VI, rappelant le synode de 1974 sur l’évangélisation du monde contemporain, puis l’exhortation apostolique « Evangelii nuntiandi » qui débutait ainsi : « L’effort pour annoncer l’Evangile aux hommes de notre temps, exaltés par l’espérance mais en même temps travaillés souvent par la peur et l’angoisse, est sans nul doute un service rendu à la communauté des chrétiens, mais aussi à toute l’humanité. » Benoît XVI se dit « frappé par l’actualité de ces expressions », qui traversent tout le concile Vatican II. Longuement, il a rappelé comment Jean-Paul II a représenté « in vivo » la nature missionnaire de l’Eglise, par ses voyages et surtout par son insistance à appeler à une « nouvelle évangélisation » . Celle-ci doit être « nouvelle dans la recherche des modalités qui correspondent à la force de l’Esprit-Saint et seront ajustés aux temps et aux situations, et nouvelle parce que nécessaire dans les pays qui ont déjà reçu l’annonce de l’Evangile. » Revendiquant cette « hérédité », le pape diagnostique les difficultés de notre époque : « Les défis de l’époque actuelle sont certainement hors de portée des capacités humaines : défis historiques, sociaux et à plus forte raison spirituels. » Il poursuit : « L’homme du troisième millénaire désire une vie authentique et pleine, il a besoin de vérité, de liberté profonde, d’amour gratuit. Dans les déserts du monde sécularisé, l’âme de l’homme a soif de Dieu, du Dieu vivant. » Et il évoque précisément ces régions d’antique tradition chrétienne, où « le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise. » "Un parvis des gentils" A plusieurs reprises, Benoît XVI a exprimé cette forte intuition, qui le pousse aujourd’hui à créer un nouveau conseil pontifical. Dans ses vœux à la Curie, le 21 décembre 2009, il avait déclaré : « Au dialogue avec les religions doit aujourd’hui s’ajouter le dialogue avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu et qui, cependant, ne voudraient pas rester simplement sans Dieu, mais l’approcher au moins comme Inconnu ». D’où son idée d’un « Parvis des Gentils », exprimée ce jour-là devant les cardinaux et évêques, « où les hommes puissent d’une certaine manière s’accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d’avoir trouvé l’accès à son mystère. » Idée dont s’emparera rapidement Mgr Gianfranco Ravasi, président du conseil pontifical de la culture. En mars 2011, à Paris, devrait ainsi se dérouler à Paris une première rencontre entre l’Eglise et des intellectuels, dont Julia Kristeva. Mais Benoît XVI a mis aussi l’accent à plusieurs reprises sur la nécessité de cette « nouvelle évangélisation ». A Porto (Portugal), le 14 mai, il avait précisé : « Le champ de la mission « ad gentes » se présente aujourd’hui notablement élargi et ne peut être défini seulement sur la base de considérations géographiques : nous sommes attendus non seulement par les peuples non chrétiens et les terres lointaines, mais aussi par les milieux socio-culturels (…) où le silence de la foi est plus grand et plus profond. ». Quel fonctionnement pour la Curie romaine? Le cardinal Ratzinger, déjà, le 10 décembre 2000, avait appelé à une « nouvelle évangélisation, capable de se faire entendre de ce monde qui ne trouve pas l’accès à l’évangélisation « classique ». Il s’inscrivait là dans la lignée de son prédécesseur. Le 9 juin 1979, à Nowa Huta (Pologne), Jean-Paul II avait déclaré : « Au seuil du nouveau millénaire, une nouvelle évangélisation est commencée, comme s’il s’agissait d’une deuxième annonce, bien qu’en réalité, ce soit toujours la même. ». D’un point de vue purement fonctionnel, la création de ce nouveau dicastère conduit à s’interroger sur le fonctionnement de la Curie romaine. En effet, c’est bien le conseil pontifical de la culture, présidée par Mgr Ravasi, qui est en charge, depuis sa création le 25 mars 1993 par Jean-Paul II, du dialogue avec les cultures, les non croyants et les indifférents. C’est à ce titre que Mgr Ravasi s’est saisi de l’appel du pape pour un « Parvis des Gentils ». Comment le nouveau dicastère va-t-il s’articuler avec ce projet ? Fonctionnera-t-il sur une base territoriale ou thématique ? Nul ne le sait. D’une façon générale, comme le confie un cardinal de curie à La Croix, « la transversalité n’est pas le propre de notre organisation ». Le nouveau dicastère devra donc, avec souplesse et pragmatisme, travailler son articulation avec les instances existantes. Ce sera son premier défi. Samedi 05 Juin 2010Pour Benoît XVI, l’unité des chrétiens est possible
Rencontre oecuménique en présence de l’archevêque Chysostomos II
Le pape Benoît XVI est arrivé à Chypre, ce vendredi, convaincu que l'unité des chrétiens est possible, spécialement entre catholiques et orthodoxes. Il l'a affirmé clairement durant la cérémonie oecuménique à Paphos, première rencontre publique de son voyage. Après la cérémonie de bienvenue à l'aéroport international de Paphos, le pape s'est rendu à l'église d'Agia Kyriakis Chrysopolitissa, située à 25 kilomètres de l'aéroport, pour participer à une rencontre oecuménique. Il a été accueilli par Sa Béatitude Chysostomos II, archevêque de Chypre, ainsi que par des représentants d'autres confessions chrétiennes, en particulier des arméniens, des luthériens et des anglicans. La rencontre s'est déroulée à l'extérieur de l'église, près d'un site archéologique où l'on peut découvrir les ruines d'une basilique paléochrétienne du IVème siècle. Le pape a invité à reconnaître les progrès qui ont été accomplis dans le dialogue oecuménique ces dernières années. « Aujourd'hui, nous pouvons être reconnaissants à l'égard du Seigneur, qui à travers son Esprit, nous a amenés, spécialement ces dernières décennies, à redécouvrir le riche héritage apostolique qui est commun à l'Est et à l'Ouest, et, à travers un dialogue patient et sincère, à trouver les chemins pour nous rapprocher les uns des autres, en surmontant les controverses passées, et en aspirant à un avenir meilleur », a-t-il affirmé. Les paroles du pape ont été accueillies avec enthousiasme par Chysostomos II. Elu en novembre 2006 archevêque de Chypre, celui-ci a fortement encouragé l'unité avec l'Eglise de Rome, en utilisant les bonnes relations qu'il entretient, aussi bien avec le patriarcat de Constantinople qu'avec celui de Moscou. Avant d'être élu archevêque de Chypre, il avait pris des mesures concrètes pour favoriser l'unité. En tant que métropolite de Paphos il avait en effet demandé que l'église d'Agia Kyriakis Chrysopolitissa ouvre ses portes aux catholiques et aux chrétiens d'autres confessions. Le pape a expliqué que pour que les chrétiens soient crédibles dans leur annonce de l'Evangile, il doivent être unis. Il estime que c'est un des objectifs de la prochaine assemblée spéciale du Synode des évêques pour le Moyen Orient qui aura lieu en octobre prochain à Rome. Cette assemblée « réfléchira sur le rôle vital des chrétiens dans cette région, elle les encouragera dans leur témoignage de l'Évangile, et elle contribuera à promouvoir un dialogue et une coopération plus grandes entre les chrétiens de la région », a-t-il expliqué. « De manière significative, les travaux de ce Synode seront enrichis par la présence fraternelle de délégués d'autres Églises et communautés chrétiennes de cette région, en signe de notre engagement commun au service de la Parole de Dieu et de notre ouverture à la puissance de la grâce de la réconciliation », a-t-il précisé. Selon le pape, « l'unité de tous les disciples du Christ est un don qui doit être imploré auprès du Père dans l'espérance qu'elle affermira le témoignage de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui ». Ces dernières paroles de Benoît XVI ont été accueillies par des « Benedetto, Benedetto, Benedetto », scandés par la foule, y compris les orthodoxes présents. A l'issue de la célébration, le pape s'est dirigé vers la sacristie où il a béni une plaque d'inauguration pour une maison de retraite, projet de la communauté catholique latine de Paphos. Puis il a été conduit en voiture à Nicosie. Le pape séjournera à la Nonciature apostolique de Nicosie située sur la « ligne verte » qui sépare la zone grecque-chypriote du territoire sous occupation turque. La sécurité de ce no man's land est assurée par des soldats de l'ONU. Vendredi 04 Juin 2010Etats-Unis : Le diaconat permanent en expansion
Plus de 17.000 diacres dans tout le pays
Selon une récente étude des évêques américains, les diocèses, aux Etats-Unis, comptent plus de 17.000 diacres permanents. Le diaconat est le premier des trois niveaux du ministère ordonné. Les diacres permanents sont ceux qui n'ont pas en projet d'être ordonnés prêtres mais participent au ministère et au service dans les paroisses et les diocèses. L'étude, intitulée « Un portrait du diaconat permanent 2010 », a été commissionnée par le secrétariat pour le clergé, la vie consacrée et les vocations de la conférence des Évêques des Etats-Unis et conduite par le centre pour la recherche appliquée à l'Apostolat (CARA) de l'université de Georgetown. La recherche, entreprise chaque année, a utilisé des données fournies par 93% des diocèses américains et éparchies de rite oriental, et estime qu'il y a 17.047 diacres permanents, dont 16.349 sont actifs dans le ministère. Tous les diocèses, à l'exception d'un, ont rapporté avoir des diacres permanents, et 21 ont dit en avoir plus de 200, avec Chicago en tête de liste avec 646. Environ 92% des diacres permanents actifs sont mariés, 4% sont veufs et 2% n'ont jamais été mariés. 60% des diacres permanents ont 60 ans ou plus, 25% ont plus de 70 ans. 81% sont blancs, 14% hispaniques, 2% afro-américains et 2% asiatiques. 28% des diacres permanents sont diplômés à l'université, 18% sont payés pour leur travail de diacre et 84% des diocèses interpellés demandent à ce que les diacres aient une formation. Mardi 25 Mai 2010Les diocèses ont vécu une Pentecôte « à ciel ouvert »
Plus de trente rassemblements et célébrations de masse ont eu lieu dans les diocèses à l’occasion de la Pentecôte, entre besoin de s’encourager et désir de stimuler l’élan missionnaire.
Une affluence digne du Vendée-Globe ! Dimanche 23 mai, sous un grand soleil printanier, se mêlant au va-et-vient des plaisanciers et des plagistes, près de 4 000 catholiques ont investi le port, le remblai et le centre-ville des Sables d’Olonne pour les « Assises de la mission ». Un rassemblement organisé à la suite du synode du diocèse de Luçon (2006) sur le thème « Une Église de témoins pour un monde solidaire ». « Nous avons mis en place une soixantaine d’animations au cœur de la ville, non seulement pour faire la fête ensemble, mais aussi pour dialoguer avec les passants et témoigner de notre foi. Nous avons vraiment vécu une Pentecôte hors les murs ! », raconte le P. Jacques Gomart, vicaire général de Vendée. À côté d’une évangélisation de rue menée tambour battant par les communautés de l’Emmanuel et des Béatitudes sur le parvis de l’église Notre-Dame, un temps d’adoration perpétuelle pris en charge par les centres spirituels diocésains, et, sur une autre place, trois « cafés théo » animés par les mouvements d’action catholique et une paroisse, sur la crise économique et les catastrophes naturelles, notamment la tempête Xinthia qui a durement frappé la région fin février. À travers cette diversité, il s’agit, a souligné Mgr Alain Castet dans son message d’envoi, de « continuer à la manière du Christ un dialogue fructueux avec tout homme ». "Un moment clé pour l’Église de France" Festivals de la Parole, pèlerinages diocésains, rassemblements du Renouveau charismatique, fêtes de la famille, sans compter les innombrables célébrations de confirmations d’adolescents et d’adultes un peu partout en France… Comme en Vendée, plus de trente rassemblements, souvent en plein air et dans la rue, ont eu lieu ce week-end dans les diocèses, avec un accent fort pour la mission. « On sent nettement que le week-end de Pentecôte est devenu un moment clé pour l’Église de France. Le don de l’Esprit Saint aux apôtres fut à la source de l’Église et il reste toujours actuel. L’Église n’est pas faite pour s’installer dans un entre-soi, mais pour aller vers le monde », analyse le P. Gomart. Pour déployer cette ouverture, le diocèse de Beauvais a, par exemple, proposé aux 2 000 participants de son rassemblement « Avance au large » une série d’ateliers répartis selon quatre pôles : annoncer, célébrer, appeler et servir. Membre du Secours catholique de l’Oise, Filipe Rios a pu mesurer le succès du pôle « Servir », signe des attentes d’une Église au plus près du quotidien des gens : « Nous avons évoqué la recherche d’emploi, l’accueil des migrants, l’alphabétisation, le logement solidaire, la solitude des personnes âgées… Au-delà des discours, c’était aussi une occasion concrète de vivre la fraternité ensemble. » Il faut dire que, après plusieurs mois de tempête médiatique autour des scandales de pédophilie dans l’Église, la joie simple de se retrouver « en famille », comme le disent plusieurs participants, a conforté fidèles, prêtres et évêques. Au Mans, Mgr Yves Le Saux a invité les familles de la Sarthe, toutes générations confondues et « quels que soient leurs accidents de parcours », pour prendre le temps de « se poser » et passer une journée ensemble, explique Nicole Peilhon, responsable de la pastorale familiale, qui observe que de telles occasions de partage se font de plus en plus rares aujourd’hui. "J’ai senti l’esprit de Pentecôte !" « Je retiens le bonheur des gens », souligne de son côté Geneviève Trousse, membre de l’équipe d’organisation du Festival de la Parole à Saint-Étienne. « Secoués par les récentes crises, beaucoup nous ont dit leur soulagement de retrouver cet autre visage de l’Église, qui redonne du souffle. Ils n’y croyaient plus. » Au cours d’une grande célébration de la Parole samedi, point d’orgue de ces dix jours inédits dans le diocèse, les 3 000 participants ont « joué le jeu » et accepté de se mettre en petits groupes pour échanger sur la Bible : « Malgré Ecclesia 2007, on avait tendance à penser que l’initiation chrétienne ne concernait que les enfants. Avec ce festival, on sent que les laïcs ont compris qu’elle concerne toutes les tranches d’âge », constate Geneviève Trousse, elle-même surprise par ce succès. À Évreux, Sandrine Nolle, laïque de 36 ans mère de deux enfants, se réjouit d’avoir trouvé dans le rassemblement « Eure en mouvement » des « voies praticables » pour avancer dans le monde d’aujourd’hui, en « mettant l’homme au centre ». Et plus que tout, elle dit se sentir confortée dans son désir de se préparer à recevoir le sacrement de confirmation : « Pendant la célébration au grand air, balayée par le vent, j’ai senti l’esprit de Pentecôte ! » avance-t-elle, dans un sourire. L’Église a su montrer qu’elle sait toujours rassembler et mobiliser Au terme d’une Année sacerdotale plutôt mouvementée, il y avait sans doute aussi, derrière cette floraison d’initiatives, une volonté d’encourager les prêtres dans leur mission : « Les gens ont voulu montrer qu’ils sont près d’eux et les soutiennent », insiste Caroline Dubis, membre du Conseil épiscopal du diocèse d’Aire et Dax. Comme un millier de Landais, elle participait lundi, sous les platanes d’Amou, au rassemblement «Jubilez avec vos prêtres», une « vraie fête façon Sud-Ouest, avec groupe folklorique et grillades », précise-t-elle. « Nous avons voulu mettre en valeur l’action des prêtres en rural, qui ont jusqu’à 25 clochers », fait valoir Mgr Philippe Breton, évêque des Landes, qui se réjouit de la collaboration avec les laïcs. Loin des prédictions alarmistes, l’Église de France a su montrer ce week-end à sa manière qu’elle sait toujours rassembler et mobiliser, relève le P. Franck Viel, vicaire général du diocèse de Laval, où le rassemblement de Pentecôte a drainé dimanche 4 000 personnes à Pontmain : « Lundi soir, j’ai reçu plein de SMS de jeunes qui me disaient combien ils étaient heureux de la journée. » Dimanche 02 Mai 2010Le Linceul renvoie à l’amour infini de Jésus
Interview du président de la Commission diocésaine du Linceul
A l'occasion de l'ostension du Saint-Suaire dans le Dôme de Turin (10 avril-23 mai), Mgr Giuseppe Ghiberti, président de la Commission diocésaine du Linceul, explique la valeur religieuse de cette pièce de tissu qui, pour le croyant, aurait reçu le corps de Jésus avant la résurrection. L'authenticité du Linceul est-il le seul critère permettant d'établir un lien religieux entre le croyant et cet objet ? Mgr Ghiberti : Le problème de la justification du lien religieux avec le Linceul est perçu de manières différentes. De nombreuses personnes pensent que seule l'assurance de son authenticité en légitime la vénération de la part des fidèles. La théorie contraire affirme en revanche qu'il s'agit d'un objet à vénérer et qu'il est donc authentique. Ces deux positions ne sont pas convaincantes. Le lien religieux entre le Linceul et le croyant (c'est-à-dire une personne qui a vécu dans une tradition dans laquelle la personne et les événements de la vie de Jésus sont centraux), naît lorsque l'on se rend compte - lorsque l'on s'approche de l'image du tissu - qu'il y a une correspondance parfaite entre ce que l'on voit et le récit évangélique de la Passion du Christ. A partir du moment où l'on prend conscience de cela, un type de relation se met en place qui n'est pas tant justifié par l'objet lui-même que par le renvoi de cet objet à un autre événement. On peut définir sa fonction de précurseur. En se comparant à Jésus, saint Jean-Baptiste affirmait : « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » ; pour le Linceul, c'est la même chose. Dans sa pauvreté, il est sa noblesse parce que sa valeur ne s'épuise pas en ce qu'il est, mais en ce à quoi il renvoie. Il y a un caractère pré-scientifique à ce type de relation avec le Linceul parce qu'à ce stade, je n'ai encore posé aucune question sur son authenticité : j'ai simplement accueilli le message qui en émane et qui consiste à renvoyer au récit évangélique de la Passion. Ce n'est que par la suite que je demande à la science si ce morceau de drap a accueilli le corps de Jésus, et cela est très important pour mon cœur. Je m'intéresse donc à la science mais je ne suis pas conditionné par elle. Je pense que cette forme de raisonnement offre la formulation la plus exacte et en l'acceptant, je suis beaucoup plus libre. Le Linceul a donc une fonction secondaire pour la foi ? Mgr Ghiberti : Quand on a acquis cette liberté intérieure, les choses vont d'elles-mêmes - bien que je sois un ‘supporter' de l'authenticité du Linceul - le résultat n'influe pas sur la réception du message. Il faut se demander : que signifie le Linceul pour moi, pour la pastorale, pour l'Eglise ? Les choses sont liées les unes aux autres. Le Linceul n'est certainement pas un objet de foi, les vérités fondamentales dans lesquelles croire sont tout autres. Jean-Paul II l'a clairement dit lors de l'ostension de 1998. Mais il m'aide à croire, il est un des moyens que le Seigneur met sur le chemin de ses enfants pour les appeler à lui. Il n'est pas nécessaire - il y a une quantité de chrétiens qui sont devenus saints sans le Linceul, l'Evangile et leur conscience a suffi - mais de la même manière que le Seigneur a décidé qui seraient mes parents, ce que serait mon chemin de vie, il a aussi décidé de ma rencontre - et de celle de nombreuses personnes - avec le Saint Suaire. Elles sont de plus en plus nombreuses, peut-être parce que la culture de notre époque a une plus grande sensibilité envers l'image : même si l'homme du Linceul a une corpulence harmonieuse, il s'agit quand même d'un corps détruit par la torture. Les gens demandent toujours à rester plus longtemps devant le Linceul. Mais pour ceux qui peuvent rester longtemps devant, comme cela m'est arrivé, il faut se forcer à ne pas fuir parce que c'est un témoignage de souffrance indicible. La douleur qui en émane, dans une civilisation de l'image comme la nôtre, est plus éloquente que de grands discours. Jean-Paul II, à cette même occasion, affirma : « Il ne pouvait pas nous aimer plus ». Icône ou relique ? Mgr Ghiberti : Le premier à utiliser le terme d'icône a été le cardinal Ballestrero et on lui a reproché d'utiliser une subtilité, un concept pour conserver le caractère sacré et éviter de parler de relique au moment où l'on donnait les résultats des analyses au Carbone 14 qui renvoyaient la datation du Linceul au Moyen Age. Il s'agit d'une polémique injustifiée. L'icône est un concept utile, mais pas pour éviter le problème de l'authenticité parce que si celle-ci était démontrée, il n'y aurait pas de problème à l'utiliser. Le problème aujourd'hui est de pouvoir utiliser le concept de relique, c'est-à-dire d'objet qui aurait été en contact avec Jésus. Dans le jeu entre les deux concepts, celui d'icône a quelque chose en plus et quelque chose en moins. En plus : il a l'avantage de ne pas devoir s'exprimer sur le contact physique avec le corps de Jésus - sans le nier, il ne se prononce pas sur cet aspect - ; en moins : il se perçoit comme un concept un peu plus lointain. Le concept de relique a le désavantage d'anticiper, dans le ressenti commun, des conclusions qui n'ont pas encore été données. Même dans le cas d'une acception ample du terme, la relique peut indiquer quelque chose qui a eu une référence avec un saint mais sans nécessairement un contact physique. En ce sens, c'est un terme que l'on peut aussi utiliser pour le Linceul, en précisant la signification que l'on utilise. Peut-on dire que cette incertitude sur l'authenticité du Linceul a une fonction éducative que Dieu offre aux croyants ? Mgr Ghiberti : C'est un des aspects de la pauvreté qui est caractéristique du mystère de l'Incarnation. Quelque chose nous dit que ce mystère est l'enfouissement de la divinité dans la corporéité, l'aspect le plus tangible de la présence d'une personne humaine. En nous donnant le Linceul comme une aide pour la foi, mais sans le libérer des incertitudes de la science, Dieu nous invite à nous concentrer sur l'essentiel du message qui renvoie à son Fils, incarné dans un corps, mort et ressuscité. Même la pauvreté du signe est dans le style de Jésus qui se sert d'instruments ‘faibles' pour convertir les cœurs. On constate d'une part l'inscription d'un million et demi de pèlerins pour vénérer le Linceul et d'autre part le scepticisme de nombreux croyants : pourquoi est-il plus facile, dans l'incertitude, de croire qu'il n'est pas authentique plutôt que le contraire ? Mgr Ghiberti : Il faudrait se demander si beaucoup de croyants croient vraiment à des vérités de la foi comme la résurrection et la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. Il est très difficile, quand il s'agit de bien accueillir en conscience les contenus de ces affirmations fondamentales de la foi, de dire ‘je crois'. Même ceux qui vont régulièrement à la messe pensent peut-être qu'il s'agit d'une manière de dire. Quand on a mon âge, qu'on approche de la fin de sa vie, la pensée d'un avenir dans lequel ma réalité subit une transformation béatifique n'est pas facile à confirmer ni à accepter. Croire est un processus de conquête qui présente des difficultés et des joies à tous les âges et cela ne me surprend pas qu'en regardant le Linceul, on puisse comprendre quelque chose de similaire. C'est plus préoccupant pour la vérité de la foi. Le Seigneur ne me demandera pas de comptes si je ne reconnais pas le Linceul comme il m'en demandera si je renonce à une ou plusieurs vérités de foi. Que faut-il recommander aux pèlerins, quelle attitude avoir, comment s'approcher de ce mystère ? Mgr Ghiberti : Pour se laisser surprendre, il faut se laisser imprégner par le silence, renoncer aux commentaires, vivre ce moment de manière personnelle. Il faut par ailleurs soigner sa préparation. Pour que ce moment ne se limite pas à une simple émotion, il est possible de s'arrêter dans la chapelle de l'adoration et de la pénitence pour un moment d'adoration ou pour se confesser. Beaucoup entrent par la porte centrale du Dôme pour s'arrêter devant le Linceul avec plus de calme, même de plus loin. Il s'agit de saisir un renvoi à l'amour infini de Jésus : voilà le message au-dessus de toutes considérations possibles. Mercredi 28 Avril 2010En augmentation les catholiques, évêques, prêtres et séminaristes
Un vent d’optimisme aussi pour les diacres
Selon l'annuaire des statistiques de l'Eglise qui vient de paraître aux éditions du Vatican, et qui est présenté par la salle de presse du Saint-Siège, les catholiques, les évêques, les prêtres, les diacres et les séminaristes catholiques ont augmenté dans le monde entre 2000 et 2008. Une bonne nouvelle pour l'année sacerdotale et pour qui prie pour les vocations : les séminaristes, le nombre des étudiants en philosophie et en théologie des instituts diocésains et religieux progresse de 28,6 % dans le monde, en passant 110.000 à 177.000, en 9 ans. Le nombre des catholiques est passé de 1.045.000 à 1.166.000, soit une croissance de 11,54 %, ce qui est légèrement supérieur à la croissance de la population mondiale (10,77 %). La croissance la plus forte est en Afrique (33 %), la moins forte en Europe (1,17 %). Le nombre des évêques est passé de 4.541 à 5.002, soit une croissance de 10 %, et celui des prêtres de 1 % globalement, mais par continent, 33,1 % en Afrique et 23, 8 % en Asie, tandis qu'il diminue en Europe (moins 7 %) et en Océanie (moins 4 %). C'est surtout chez les religieux prêtres que le nombre diminue le plus : ils sont passés de 139.397 à 135.000, tandis que le nombre de prêtres diocésains augmentait en passant de 265.781 à 272.431. Les religieux « laïcs » (non-prêtres) ont perdu 1.416 membres, et les religieuses restent environ deux fois plus nombreuses que les prêtres, et résistent bien en passant de 800.000 à 740.000 (7,75 % de moins). Enfin, les diacres permanents confirment leur bonne forme (+ 33, 7 %), en passant de 28.000 en l'An 2000 à 37.203 en 2008. Samedi 24 Avril 2010De Trèves à Strasbourg, une « nuit des cathédrales » sans frontières
La 4e édition de cet événement culturel et spirituel s’étendra samedi 24 avril à six lieux de culte majeurs d’Allemagne, de France, de Belgique et du Luxembourg pour rendre visibles autrement les « joyaux de la chrétienté »
Avec leurs flèches, leurs tours et arcs-boutants, leurs grandes orgues et leurs volées de cloches, les cathédrales jalonnent toute l’Europe de leur monumentalité. Celle-ci se fait plus expressive encore lorsque, à l’heure exquise du crépuscule, la lumière caresse leurs pierres, révèle les vitraux et embrase le portail de plein ouest. Une « impression soleil couchant », pour paraphraser le tableau de Monet, que les cathédrales non pas de Rouen mais de Reims, Metz, Strasbourg, Liège, Luxembourg et Trèves inviteront à savourer samedi 24 avril en fin d’après-midi ou début de soirée. Et à prolonger à l’intérieur jusque tard dans la nuit… voire jusqu’au soleil levant à Trèves. La cathédrale allemande, doyenne d’outre-Rhin, est pionnière dans cet événement nocturne qui marque depuis le début des années 2000 la fin de la fête annuelle du diocèse. L’idée de donner à cette « Dom Nacht » une dimension transfrontalière vient du Luxembourg voisin. "Les diocèses sont venus spontanément vers nous" Plus précisément, de Théo Péporté, responsable de la communication du diocèse grand-ducal. Ce Luxembourgeois en est à la quatrième édition de ce qui s’affirme désormais comme la « nuit des cathédrales ». À l’instar de la construction européenne, les adhésions s’élargissent au fil des ans. En 2008, trois évêchés y prenaient part : Trèves, Liège et Luxembourg. Depuis l’an dernier, ce premier cercle s’est agrandi aux diocèses lorrains de Metz et Nancy (décommandé cette année en dernière minute pour cause de « travaux de rénovation électrique »). L’édition 2010 ajoute en plus Reims et Strasbourg. « On n’a fait aucune publicité, les diocèses sont venus spontanément vers nous », précise Théo Péporté, qui espère inclure plus tard « Aix-la-Chapelle, Mayence ou Cologne ». "Avoir moins de liturgie et plus de culture" L’événement, sans le chercher, dessine une Europe lotharingienne, celle aussi que parcourait souvent Robert Schuman, « père de l’Europe ». « C’est un signe que nous ne sommes pas que des Églises locales mais interconnectées, au diapason de l’Europe, formant une unité propre au christianisme », explique à Luxembourg un des organisateurs, Raphaël Yegles. Pour concrétiser ce lien, Liège et Luxembourg communiqueront cette année par webcam durant la nuit. Mais, hormis cette liaison, chaque cathédrale organise la nuit à sa guise, sans directive européenne. Avec, en dehors du cas de Trèves, des moyens très simples : moins de 800 € par exemple à Luxembourg. La programmation est surtout riche de son éclectisme : chants gospel ou grégorien, danse, concerts d’orgue, de carillon (Liège) ou sonates (Trèves), films, diaporamas, expo photos ou encore conférence sur le changement climatique et vigiles. « L’idée partout est d’avoir moins de liturgie et plus de culture, avec des séquences d’une demi-heure successives », explique Théo Péporté. Le but est de drainer du passage dans les cathédrales, et de faire (re)découvrir à un public peu habitué des lieux ces « véritables joyaux de la chrétienté » sous un jour – ou plutôt une nuit – nouvelle. Vendredi 16 Avril 2010L’archarnement médiatique contre l’Eglise ne vise plus à informer mais à punir
Les critiques ne viennent pas de groupes juifs, affirme l’ancien maire de New York
Pour l'ancien maire juif de New York (Etats-Unis), les « attaques continues » des moyens de communication contre l'Eglise et contre Benoît XVI sont aujourd'hui la pure manifestation d'« actions anticatholiques ». Edward « Ed » Koch, membre du Congrès entre 1969 et 1977, le déclare dans un blog du quotidien « The Jerusalem Post » paru sur le net il y a une semaine. « A mon avis, la succession d'articles sur les mêmes sujets n'a plus pour but d'informer mais tout simplement de punir », déclare-t-il. Reconnaissant que l'abus sexuel sur mineurs est un acte « affreux », il souligne que c'est un point sur lequel « les catholiques, l'Eglise, les non catholiques et les moyens de communication » sont tous d'accord. A ce propos, le politicien et commentateur rappelle que le pape a proclamé ouvertement qu'il s'agissait d'un crime « exécrable » et fait part de sa compassion pour les victimes. Edward Koch estime que « beaucoup de ceux qui, dans les médias, s'acharnent contre l'Eglise et le Pape le font clairement avec plaisir, et certains avec malice ». « Je crois que la raison de ces attaques constantes tient au fait que, dans les médias, et parmi le public, il y en a beaucoup, voire même certains catholiques, qui sont mécontents de la position de l'Eglise contre l'avortement et les mariages homosexuels, du maintien de la règle du célibat chez les prêtres, de l'exclusion des femmes du clergé ; de sa position contre les mesures de contrôle de la natalité, y compris les préservatifs, et contre la prescription de drogues, ou de son opposition au divorce », a-t-il ajouté. « Un bon ami à moi, le cardinal John O'Connor, a dit un jour : 'L'Eglise n'est pas un buffet libre, où l'on peut prendre et choisir ce qui nous plait ». « L'Eglise est en droit de demander aux fidèles de respecter toutes ses règles religieuses, et est bien entendu en droit de défendre ce en quoi elle croit ». L'homme politique juif explique qu'il n'est pas d'accord personnellement avec la position catholique sur ces questions, mais il estime que l'Eglise « a le droit de maintenir ces points de vue sur la base de ses convictions religieuses ». « Les juifs orthodoxes, comme l'Eglise catholique, peuvent demander une obéissance absolue aux normes religieuses. Qui refuse d'y adhérer est libre de s'en aller ». Edward Koch se dit également convaincu que « l'Eglise catholique représente une force positive dans le monde, non un mal », et que l'existence de plus d'un milliard de catholiques dans le monde « est importante pour la paix et la prospérité de la planète ». « Il est évident que les moyens de communication doivent informer le public des nouveaux faits relatifs aux abus de mineurs, affirme-t-il, mais leur objectivité et crédibilité s'en ressent lorsque le New York Times refuse de publier une op-ed [page d'opinion pouvant contredire l'éditorial] offerte par l'archevêque de New York Timothy Dolan sur le thème de l'anticatholicisme, et propose au contraire une lettre à l'éditeur, qui est beaucoup plus courte et moins approfondie qu'une op-ed ». « Je suis inquiet car, selon le Times du 6 avril, 'la semaine dernière le quotidien de centre-gauche la Repubblica a écrit sans référence, que certains cercles catholiques croient que les critiques faites à l'Eglise proviennent d'un lobby juif de New York' », a-t-il ajouté. Si ces « cercles catholiques se réfèrent au Times, on devrait expliquer que l'éditeur, Arthur Sulzberger, Jr., n'est pas juif mais épiscopalien, et que son directeur exécutif, Bill Keller, est lui aussi chrétien ». « Maintenant ça suffit », dit Edward Koch. Et il ajoute : « Oui, certains membres du clergé catholique ont commis des actes terribles ». « L'Eglise, aux Etats-Unis, a payé des centaines de millions aux victimes et elle payera des millions, peut-être des centaines de millions, à d'autres victimes dans le monde ». « Elle essaie désespérément de se racheter en reconnaissant son passé et changeant les procédures visant à traiter la question des prêtres pédophiles ». Edward Koch conclut en citant les paroles de Jésus rapportées par l'apôtre Jean : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » (Jn 8,7). Mercredi 14 Avril 2010A Turin, le linceul est une aide à la foi et à la prière
À l’occasion de l’ostension du suaire, le diocèse de Turin propose un parcours méditatif et sobre autour de l’Homme crucifié.
« Je cherche le visage du Seigneur » : ce refrain tiré du psaume parcourt, ces jours-ci, la foule des pèlerins venus défiler devant le suaire de Turin. Pour y accéder, les organisateurs ont prévu un parcours didactique, sobre et recueilli, intitulé « Passion du Christ, Passion de l’Homme ». Il est à l’image de cette ostension, voulue par Benoît XVI, la première depuis dix ans. À partir du Musée archéologique, proche de la cathédrale, c’est en images et en musique que toute l’histoire du christianisme est parcourue d’abord par les visiteurs venus en foule, de tous âges et tous milieux. Un écran géant donne à chacun, en huit langues, les clés de lecture du suaire. «Le visage de ceux que j’accompagne chaque jour et chaque nuit» Puis, aiguillés par quelques-uns des 4000 bénévoles aux gilets violets en charge de l’accueil des deux millions de personnes (dont 22 000 Français) attendues jusqu’au 23 mai, ils pénètrent enfin dans la cathédrale, baignée dans une douce obscurité. Seul le linceul est éclairé. Une volontaire lit lentement, toutes les cinq minutes, la prière écrite par le cardinal Severino Poletto, archevêque de Turin. Sur le tissu (4,42 m sur 1,12 m), le visage de l’Homme crucifié se discerne à peine. Il est ainsi, en lui-même, un mystère. Les regards convergent, en silence. La sobriété est ici le maître mot. Parmi les visiteurs, des lycéens en grappes, un couple enlacé ou encore des religieuses voilées. Et Jean-Pierre, infirmier à Chambéry : « Turin et le Piémont, c’est toujours pour nous comme une partie de la Savoie. Le suaire a été chez nous. Moi, je vois dans ce visage celui de ceux que j’accompagne chaque jour et chaque nuit. » À ses côtés, Giuseppe, Piémontais « pur sang », est venu parce que ses parents l’avaient emmené lors d’une précédente ostension, en 1998 : « Prier avec d’autres devant ce visage mystérieux, cela m’aide à croire. » Même si ce linceul n’est pas celui du Christ ? « Ça m’est égal. Tant de gens ont prié devant. J’ai besoin de me rappeler que Dieu a été homme, jusqu’au bout… » «Apprendre à voir dans nos frères le visage du Christ» Turin, capitale historique du Piémont, s’est pleinement associé à cette ostension. Sa municipalité post-communiste s’est associée à 40 mécènes privés et publics pour financer un investissement total de 5 millions d’euros. La puissante économie locale s’est mobilisée, fière de ce que l’on veille, ici, à ne pas appeler « relique », mais « image » ou « icône ». Dans les rues, pas ou peu de marchands du Temple. À Turin, ni guérisons ni miracles, juste une méditation collective. Croyante ou non, l’humanité qui défile devant le linceul s’interroge sur finalement peu de chose : une esquisse d’image, un visage et un corps torturé. En fin de parcours, une sobre chapelle moderne est réservée à l’adoration eucharistique. À côté, 11 confessionnaux accueillent les mots et les silences des pèlerins avec quelques paroles évangéliques : « Vous êtes toujours avec moi », « Tu as montré ta miséricorde », « Tu t’es abaissé à ma misère ». « Se tenir à distance des sceptiques tout autant que des croisés du Saint Suaire », c’est ainsi que Gian Maria Zaccone, directeur scientifique du Musée du suaire, résume sa position. Le diocèse de Turin a voulu faire réfléchir les baptisés sur les mystères de l’Incarnation et de la Passion. « Nous avons là une présence mystérieuse qui attire des millions de personnes depuis huit siècles, souligne Gian Maria Zaccone. Ils ne viennent pas pour l’authenticité, mais pour prier face à une figure de l’Incarnation du Christ, à “un miroir de l’Évangile”, comme l’a dit Jean-Paul II. » «Notre foi n’est pas fondée sur le linceul» De fait, le corps du crucifié présente précisément les stigmates évoqués par les récits évangéliques. « Il s’agit pour nous tous d’apprendre à voir dans nos frères le visage du Christ », insiste le directeur du musée, pour qui, au milieu des débats scientifiques sur l’authenticité de ce morceau d’étoffe comme dans nos sociétés, « ce visage reste signe de contradiction ». Ce que l’archevêque de Turin, le cardinal Severino Poletto, a bien expliqué ce dimanche, alors que 45 000 pèlerins défilaient devant le suaire : « Devant nous, l’image, silencieuse mais fortement éloquente, d’un homme crucifié, qui présente toutes les caractéristiques de la violence subie par le corps de Jésus durant sa Passion, telles que les décrivent les Évangiles. Nous savons que notre foi n’est pas fondée sur le linceul, mais bien sur les Évangiles et le témoignage des Apôtres. L’Église n’a pas la compétence scientifique pour se prononcer sur son authenticité. Mais ce tissu est une aide précieuse à la foi et à la prière des croyants. » Ce qu’avait rappelé Jean-Paul II, venu prier ici le 24 mai 1998 : « Devant le suaire, icône de la souffrance des innocents de tous les temps, comment ne pas penser aux millions d’hommes qui meurent de faim, aux horreurs perpétrées aujourd’hui, à la souffrance de tant de femmes et d’enfants, aux victimes de la torture et du terrorisme, aux esclaves des organisations criminelles ? » Des paroles qui devraient trouver un écho dans la bouche de Benoît XVI, attendu à Turin le 2 mai prochain. Vendredi 02 Avril 2010Pâques v1.0.0 , calculez la date de Pâques jusqu'en 9999.
Une fois n'est pas coutume, je vous propose pour ce Vendredi Saint un programme de ma création qui va vous permettre de calculer la date de Pâques jusqu'un 9999 ... ce qui devrait nous suffire.
Pour les connaisseurs le calcul est fait selon l'algorithme de Oudin. Il peut accessoirement vous permettre de planifier à l'avance vos congés ou RTT pour la semaine Sainte. Téléchargement de Pâques v1.0.0 Vendredi 26 Mars 2010L’Annonciation rassemble désormais chrétiens et musulmans libanais
Jeudi 25 mars, chrétiens et musulmans libanais célèbrent ensemble la fête de l’Annonciation, déclarée fête nationale pour la première fois au Liban.
Entre l’idée lancée par deux hommes, un chrétien maronite, Naji Khoury, président de l’Amicale des anciens élèves de Jamhour (collège des jésuites au Liban) et un musulman, cheikh Mohammad Nokkari, ancien directeur de Dar-el-Fatwa, la plus haute instance religieuse sunnite au Liban, d’une fête nationale où les deux confessions se retrouveraient pour prier la Vierge ensemble, et sa concrétisation, il aura fallu quatre ans. Les deux hommes ont un parcours parallèle. Ils sont tous deux impliqués depuis longtemps dans le dialogue islamo-chrétien et ont fait le constat commun : le dialogue entre les deux religions ne mène à rien s’il ne se concrétise pas par un acte fort. « Qui d’autre que notre pays, à la croisée des trois religions monothéistes, peut jouer ce rôle de rapprochement, de dialogue et d’ouverture ? Le Liban, tel que l’a défini Jean-Paul II, est un “pays-message” pour l’Orient et l’Occident. Mais il fallait prendre une initiative courageuse, c’est-à-dire trouver un point de rencontre et construire dessus. La Vierge Marie nous est apparue comme le dénominateur commun entre la chrétienté et l’islam », explique Naji Khoury. Fête nationale, mais est aussi un jour chômé « De fait, enchaîne cheikh Mohammad Nokkari, dans l’islam, deux sourates lui sont consacrées et Marie est citée plus de trente fois dans le Coran. Elle occupe la première place d’une femme élue par Dieu. » Non seulement les deux hommes proposent que chrétiens et musulmans prient ensemble pour le jour de l’Annonciation , mais que ce jour consacré à Marie soit considéré comme une fête nationale au Liban. Un véritable symbole dans un pays où le communautarisme et les divisions entre chrétiens et musulmans se sont renforcés depuis la fin de la guerre civile (1975-1992) et resurgissent à chaque événement de la vie politique. Le 13 mars 2009, courageusement, le premier ministre Fouad Siniora avait proposé l’initiative au gouvernement qui l’a approuvée. Mais les difficultés politiques au Liban ont retardé sa mise en application. Il aura fallu attendre la mise en place du nouveau gouvernement du premier ministre Saad Hariri, en décembre, pour que le conseil des ministres entérine la décision. Le 28 février 2010, le jour de l’Annonciation est décrété non seulement fête nationale, mais est aussi un jour chômé. Une « place de Marie » à Beyrouth Même si beaucoup de groupes religieux et d’organisations ont apporté leur soutien, « ça n’a pas été facile », concède Naji Khoury. Idem pour le cheikh sunnite qui a dû démissionner de son poste de directeur de Dar-el-Fatwa à la demande du mufti. Il reconnaît la difficulté de « faire avancer cette idée dans la hiérarchie religieuse sunnite ». Il a aussi fallu faire fi des menaces d’un groupe extrémiste sunnite très implanté dans la ville de Tripoli, dans le nord du pays, qui, lors d’une conférence de presse, a condamné et refusé cette fête. Mais l’appui de Saad Hariri, chef de la communauté sunnite et premier ministre libanais, a été décisif. Cette année, cette journée revêt une dimension particulière en raison de la présence pour cet événement de Lech Walesa, venu témoigner de l’importance de Marie dans son combat. En plus des prières communes qui auront lieu à Jamhour, mais aussi dans divers lieux de cultes à travers le Liban, à Beyrouth même une cérémonie aura lieu sur la place devant le musée national, qui sera rebaptisée « place de Marie » où un monument lui sera dédié. Dans toutes les mémoires au Liban, le musée reste un lieu symbolique puisque c’est à cet endroit que passait la « ligne verte », ligne de démarcation entre l’ouest et l’est de la ville, séparant musulmans et chrétiens. Il sera désormais le lieu de rencontre entre ces communautés. Un centre marial islamo-chrétien sera construit par la suite. |
| La Sainte Bible |
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